24 janv. 2015

Le biotope de la mâche.

mâche sauvage, sur les berges d'un ruisseau inclinées à 75°, en partie basse, où s'accumule la matière organique. 


La Mâche, valerianella olitoria, valerianella locusta, aussi appelée Doucette, est une salade d'hiver. 

On la consomme sauvage ou cultivée.

Elle pousse dans les lieux sableux, limoneux, à forte humidité atmosphérique, sur les bords des chemins, les fossés, les berges des ruisseaux et même des arènes granitiques et rocheuses, les dalles rocheuses, les pieds des falaises.

La mâche peut donc pousser aussi bien à l'horizontal qu'à la verticale, dans les plaines alluviales comme dans les lieux fortement pentus et accidentés, voir rocheux.

En milieu anthropisé, on la retrouve dans des lieux incultes, les
talus, les jardins retournés, les chemins, les jachères, les jardins, les vergers et les cultures maraîchères.

Il existe des variétés des plaines, des montagnes et de nombreuses variétés littorales, notamment océanique ou méditerranéenne.

Là où il y a érosion et humidité, la mâche est susceptible de s'implanter. La plante vie dans des sols à faible pouvoir de rétention, souvent complètement délavés et destructurés, du à l'érosion et au lessivage, qui laissent des dépôts de matières minérales, notamment de la silice.

Les ressources en humus sont temporaires et essentiellement apportés par les graminées, les limons et les crues. Cette érosion peut être due à des crues, des inondations saisonnières, des pluies battantes, des érosions rocheuses, des sols en pente, des sols drainants ou un travail du sol, un excès d'arrosage et de labour.
mâche des carènes
valerianella carinata

Les stations alluviales ou co-alluviales riches en limons sont des lieux privilégiés pour cultiver la mâche des jardins.

La mâche partage des caractéristiques proches de la vigne; on retrouve d'ailleurs de la mâche spontanée dans les vignes, notamment les variétés Mâche des carène et la Mâche naine.

Il existe plusieurs variétés de mâches qui s'adaptent des sols drainants au sol compactés, des sols sableux ou sol rocheux, des sols acides au sol très calcaire, de stations humides aux stations sèches. Elle a une préférence pour les sols riche en limons, en silice et en calcium.

Les Valerianellas sont de la famille des Valérianacée, comme la Valériane.

Toutes les espèces de mâches sur Tela Botanica.



mâches spontanées avec séneçon commun et laiteron, en bord de route, le long d'un muret fissuré,
torchis sable-chaux, remblais, gravier et cailloux de bourgogne, humus feuilles de tilleul et aiguille de cèdre de l'atlas.
La Mâche des Jardins
valerianella locusta
__________________________________________________________________________________________


Résumé:

La Mâche, valerianella locusta, aussi appelée Doucette, est une salade d'hiver. Elle est riche en chlorophylle, en oméga 3, en potassium, en phosphore, en vitamines A, B et C. Elle est plus nutritive que la laitue. Elle se développe entre 0° et 15°C avec une bonne humidité atmosphérique. Elle pousse sur les sols perturbés, sableux, limoneux ou rocheux, riches en minéraux et en azote. La mâche est bio indicatrice d'un sol en érosion ou proche de l'érosion.


La mâche est une plante couvre sol d'hiver qui occupe jusqu'à 25% de la végétation totale de son milieu. La biodiversité du milieu de la mâche compte 1450 plantes de variétés différentes, dont 32 plantes sont spécifiquement associées à la mâche. Les plantes sauvages les plus fidèles à la mâche sont la véronique des champs, la vesce commune et le plantain lancéolé. 100% des plantes compagnes de la mâche sont des herbacées annuelles ou bi annuelles: 25% des plantes sont des couvre sol (8 espèces/32), 12,5% sont des graminées (4 espèces/32), 12,5% sont des plantes grimpantes (4/32) dont 2 sont des fixatrices d'azote (2/32=6%) et des légumes feuilles à rosette et à racine tubéreuse. Le biotope de la mâche est donc champêtre voir rudéral.


L'optimal écologique de la mâche est celui de l'ortie royale, du séneçon commun ou du mouron blanc. On la trouve aussi dans le biotope de la moutarde blanche et du bouillon blanc.



Le compagnonnage de la mâche:

La mâche s'associe surtout avec les Astéracées - de type sonchus et daucus, les Caryophilacées, les Poacées, les Papavéracées, les Valérianacées, les Géraniacées et les Brassicacées. Les plantes couvresol, drainantes, décompactantes, productrices de carbone, accumulatrices d'azote, de bétacarotènes et de silice, libératrices de potassium et de phosphore sont les bienvenues. Les plantes compagnes fébrifuges, antiseptiques, cicatrisantes et régénératrices de tissus cellulaires permettent aux mâches de se reconstituer en cas de blessures ou de coup de froid comme le plantain lancéolé, la pensée, les géraniums, la carotte ou la brunelle. Les plantes apéritives, soporiphiques ou hypnotiques régulent l'appétence des rongeurs comme le fumeterre (attractif), les coquelicots, les séneçons et les laitues (latex répulsif et toxique).


les associations de plantes:

Les plantes cultivées: les pois, les choux, les brocolis, les radis, les navets, le raifort, les rutabagas, les scorsonères, les chicorées, les draves, la moutarde, la roquette, le cresson, la bourse à pasteur, les carottes, le persil, le panais, le topinambour, le pissenlit, la chicorée, les endives, les asperges, l'ail, les laitues, les fraises, les pavots, les pensées.

Les plantes sauvages comestibles, fourragères ou ornementales: les vesces, le mouron blanc, le plantain lancéolé, le coquelicot rouge, la pensée, le myosotis, la drave, la moutarde blanche, le laiteron, la carotte, le pissenlit, la bourse à pasteur, la passerage, le fumeterre officinale, l'alchémille des champs, les géraniums, l'ail des vignes.

Les autres plantes compagnes sauvages essentielles: la véronique, la sabline, le pâturin, le séneçon, le bec de grue, le gaillet gratteron, les brômes, le céraiste, le lamier pourpre, la renouée des oiseaux, la renouée faux-liseron, la mollène.
__________________________________________________________________________________________

la qualité nutritionnelle de la mâche
La mâche est une salade d'hiver riche en chlorophylle et en omega 3. Elle est riche en vitamines B, C et A, en sels minéraux, comme le phosphore et le potassium.

Une salade de mâche contient 420 mg de potassium et 1170 UI de vitamines A pour 100 g de mâche, soit 40% plus que la laitue, qui contient 255 mg de potassium et 720 UI de vitamines A pour 100 g. La mâche contient autant de phosphore que les épinards, soit 49mg/100g, ce qui en fait une des plantes comestibles en contenant le plus. (source F. Couplan - le guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées)

Minuscules fleurs bleues
fleur de mâche
Le mucilage lui donne ce goût et cette texture douce, émolliente et apaisante pour les tissus. La mâche est dépurative, reminéralisante, dépurative et légèrement laxative, comme toutes les salades.

La mâche sauvage est plus petite et plus fine que les variétés cultivées. Pour la consommer, on la cueille en hiver, lorsqu'elle est encore sous forme de rosette et riche en huile. Au fur et à mesure que la températures augmente, la plante se transforme. Au dessus de 15°c, la plante commence à monter en fleurs et produit ses graines dès 20°C, les feuilles rapetissent alors jusqu'à disparaître. On identifie bien la mâche lorsqu'elle fleurit, grâce à ces petits bouquets de fleurs bleu pâle, ressemblant au myosotis.
évolution des feuilles de mâche

les plantes psychrophiles
Les plantes psychrophiles se développent et se reproduisent pendant les températures froides, entre 0°C et 15°C, sans geler ou en étant capable de se régénérer. Les plantes s'adaptent en modifiant la composition de leurs tissus cellulaires, grâce à des protéines antigel et des enzymes. Chez certaines plantes, , comme la ronce bleue, les feuilles, les fruits et les rameaux non ligneux se recouvrent simplement d'une des cire hydrophobe, ce qui les protège des excès d'eau, du gel, des parasites et des maladies cryptogamiques.

Les plantes psychrophiles poussent souvent en hiver, dans les pays tempérés ou arctiques, dans les landes ou les bords des ruisseaux de montagne. Elles sont riches en corps gras ou en sucre, ce qui leur évite de geler en abaissant leru composition en eau, ou en enveloppant les molécules d'eau de graisse. Elles sont souvent riches en chlorophylle, en omega 3, en mucilage, en provitamines A, B et en vitamine C et en silice.

Cette courbe de températures rejoint celle de la disponibilité de l'azote dans le sol et de l'éveil des bactéries et des champignons. La majorité de ces micro-organismes sont en activité dès 1°C et se reproduisent bien entre 15°C et 20°C, jusqu'à 25°C, après des chocs thermiques. La majorité des plantes psychrophiles sont plus tolérantes au froid qu'à la chaleur, la majorité meurt si les températures dépassent les 40°C, ce qui est un stress fort lors des étés chauds et secs. Une bonne litière et une couverture du sol suffisante favorise donc le semis spontané et la pérennité de la plante et de ces partenaires symbiotiques.

Parmi les micro-organismes dits psychrophiles, il existe aussi des bactéries pathogènes dangereuses pour la conservation alimentaire comme la listeria, les enterobactéries, les pseudomonas et les aeromonas. Seules de bonnes conditions d'hygiène et la cuisson les détruit, pas la congélation.

photo internaute à voir sur le blog woffort.edu
Quelques organismes ont développé la faculté de reviviscence, comme les mousses et les bryophytes en général, mais aussi des algues, des lichens, et même quelques champignons, ce qui leur permet de supporter des conditions extrêmes de sécheresse ou de gel, et de survivre dans un état proche de la mort avec une réserve d'eau de 2% seulement, pour des organismes composés d'eau de 100% à 300% le poids de leur matière sèche, et de renaître en régénérant totalement leur cellules en 30 minutes, avec seulement quelques gouttes d'eau. On a ainsi envoyé des lichens dans l'espace et ils ont repris vie sans séquelles. Dans les champignons résistants au froid jusqu'à -5°C, que l'on peut cultiver toute l'année, on trouve les pieds bleus et les pieds de mouton. La majorité des champignons ont leur optimum de croissance entre 15°C et 20°C.

Les algues unicellulaires chlamydomonas nivalis, sont des algues de neige. Elles ont la particularité de se développer sur la neige et de la colorer en vert, rose ou rouge. En plus de la chlorophylle, elles contiennent un pigment rouge de type caroténoïde, l'astaxanthine, qui leur donne une couleur rougeâtre.

+info sur la vie fascinante de ces micro-organismes et ce phénomène de reviviscence dans les articles sur les lichens et les mousses.

l'humidité ambiante 
L'humidité atmosphérique compte beaucoup pour la culture de la mâche.

Comme il s'agit d'un plante psychrophile, elle se développe bien entre 0 et 15°C, dont l'optimale de croissance se situe autour des 15°C, les hivers tempérés et doux lui sont favorables. Au dessus de 15°C, elle monte en graine. Au dessus de 40°C, les plantes meurent.
Les précipitations régulières, voir quotidienne, les zones alluviales ou les berges des ruisseaux sont des lieux propices pour trouver la mâche sauvage, qui affectionne tous les terrains sableux ou limoneux, ou gravillonnée. On retrouve la mâche particulièrement sous climat océanique et le long de la Loire.

D'autres variétés sont plus adaptées au climat méditerranéen, sud de la France et Italie.

Les sols érodés sur lesquelles poussent les mâches sont drainants et ne gardent pas les nutriments, qui sont plutôt charriés par les inondations des cours d'eau ou des inondations saisonnières comme dans les ripisylves. Les eaux courantes permettent une oxygénation permanente du milieu. La mâche a besoin d'une vie aérobie active.

Ces sols drainants garantissent la santé des racines qui ne moisissent pas. Les feuilles et les racines riches en omega 3 et en protéines assurent à la plante un mécanisme d'adaptation à l'humidité, grâce à des propriétés hydrofuges.

La mâche a un système racinaire superficiel, court et très fin, qui filtrent les nutriments déposés et drainés par l'eau. En contre partie, elle s'associe avec des plantes fixatrices d'azote et des champignons saprophytes qui digèrent les débris, les pailles et autres masse cellulosique et carbonée. Elle va ainsi pouvoir explorer  au delà des 30 cm3 de son système racinaire, et accéder jusqu'à 100 à 1000 fois plus de nutriments grâce aux bactéries et au réseau mycélien. Les mâches, en l'absence de cette association mutualiste, restent petites voir rachitiques, particulièrement les variétés sauvages. 
Les plantes compagnes en rosette et/ou au feuillage rude ou poilue ont souvent les mêmes propriétés pendant l'hiver et retiennent l'eau en surface, puis les gouttes glisses jusqu'en leur coeur, et sont drainées en profondeur dans le sol. Les espèces tubéreuses adaptées aux zones humides ont de très bonnes qualités drainantes grâce à leur grande racine pivot. En été, elles puisent l'eau en profondeur et la font remonter dans le sol jusqu'à la surface. En cas de stress climatique du au réchauffement, vous pouvez planter des chardons, notamment les célèbres cardères, qui vont puisez jusqu'à 2m de profondeur voir plus et leur système foliaire est un réservoir d'eau d'une ingénierie fantastique qui peut récolter plusieurs litres d'eau en cas de pluies ou de rosée. Ils sont en plus très mellifères et attirent de nombreux oiseaux qui vont réguler les chenilles sur les brassicacées par exemple et les petites limaces sur les graminées. Ces plantes appartiennent souvent à la famille des Astéracées.

Le moutarde blanche aide aussi à fixer l'eau dans les sols drainants à faible pouvoir de rétention. Elle peut servir d'engrais vert dans les sols compacté et calcaires. Elle débloque le phosphore dans le sol qu'elle décompacte grâce à son système racinaire très ramifié. Son effet acidifiant sur le ph neutralise les sols trop calcaires. Cette technique est à éviter dans les sols trop humides ou acides.

On ne retrouve pas les mâches près des eaux stagnantes sur terre argileuse ou marécageuse, à la vie anaérobie, qui font pourrir leur racines et n'apportent que peu de matière organique et beaucoup de pathogènes. 

le biotope de la mâche
mâche sauvage sur les berges d'un ruisseau en zone agricole
>>> Le phytotype de référence de la mâche est celui de la moutarde blanche et de la molène faux phlomis, aussi appelé bouillon blanc.

le biotope de base de la mâche

ARBRES: -
ARBUSTES: -
GRIMPANTES ET LIANES: vesce commune*, liseron des champs, renouée faux liseron, vesce hirsute*,
HERBACEES: mâche sauvage, véronique des champs, sabline à feuille de serpolet, plantain lancéolé, stellaire moyenne (mouron blanc, ou mouron des oiseaux), séneçon commun, coquelicot rouge, bec de grue, véronique à feuille de lierre, gaillet gratteron, pensée sauvage tricolore, myosotis, drave de printemps, liseron des champs, alchémille des champs, cerraiste agglomérée, lamier pourpre, laiteron rude, renouée des oiseaux, renouée faux liseron, carotte sauvage, bourse à pasteur, céraiste commun, fumeterre officinale, pensée des champs, pissenlit.
GRAMINEES: pâturin des prés, brôme mou, pâturin annuel, pâturin commun.
COUVRESOL: véronique des champs, sabline à feuille de serpolet, véronique à feuille de lierre, liseron des champs, céraiste agglomérée, renouée des oiseaux, renouée faux liseron, céraiste commun,
NFP: vesce commune, vesce hirsute,

les autres plantes écologiquement similaires sont:
la véronique des champs, le myosotis des champs, la céraiste agglomérée, la pensée tricolore, le géranium fluet, le pavot doux, l'alchémille des champs, le géranium découpé, le liseron des champs, la vesce hirsute, le myosotis des collines, le séneçon commun, la véronique rustique, l'arabette de Thalius, le brôme stérile, l'ail des vignes, la crépide capillaire, la mâche carénée, le passerage, la pensée des champs, la vesce commune*, la vesce à 4 graines*, le silène enflée, le géranium mou, le chardon penché, le pissenlit, la bourse à pasteur.

rosettes de mâche sur les berges d'un ruisseau avec
brome, brachypode, géranium robert, gaillet mou, laiteron rude.
>>> Le biotope de la mâche est exclusivement composé d'herbacées annuelles ou bi annuelles: de graminées, de couvresol, de légumes feuilles et racines, de plantes grimpantes et de fixateurs d'azote. C'est un biotope champêtre, voir rudéral.

100% des plantes fidèles à la mâche sont des herbacées, dont 25% sont des plantes couvre sol (8 espèces/32), 12,5% sont des graminées (4 espèces/32), 12,5% sont des plantes grimpantes (4/32) dont 2 sont des fixatrices d'azote (2/32=6%).

Cette sureprésentation des plantes couvresol dans le milieu de la mâche nous indique l'érosion du milieu, la destructuration du sol et la surexposition à des facteurs perturbants mécaniques, d'origine anthropique (agriculture, labour, culture céréalière ou maraîchère, vignes, excès d'arrosage) ou géologique (érosion, éboulement, dépôts de limons, pluies battantes, crues, inondation).

La mâche sauvage ne dépend pas strictement d'une plante fidèle, aucune plante n'est strictement associée à la mâche à plus de 50%, la mâche s'associe plutôt à un ensemble de plantes compagnes avec qui elle partage les mêmes caractéristiques socio-écologiques d'adaptation à l'érosion. On relève jusqu'à 1450 plantes co-occurentes. Certaines sont toutefois plus fidèles à la mâche que d'autres.

La Mâche s'associe à 48% avec la véronique des champs, à 43% avec la vesce commune (une fixatrice d'azote) et à 40% avec le plantain lancéolé (une plante régénérante, apaisante et cicatrisante en cas de brûlure, de gel, de grignotage ou de stress). La mâche s'associe aussi à 35% avec la stellaire commune, le mouron blanc des oiseaux (une plante couvresol), une excellente salade sauvage comestible, de la même finesse et texture que la mâche, mais de forme rampante.

Les 28 autres plantes fidèles s'associent fidèlement à la mâche entre 20% à 30% chacune. 

C'est donc la biodiversité des plantes compagnes qui importe. On trouve une permanence des mêmes familles de plantes, avec des variétés locales adaptées, qui répondent à des conditions spécifiques de sol, d'humidité ou de sécheresse, et aux relations zoochoriques spécifiques avec les rongeurs, oiseaux, gastéropodes par exemple. 

>>> Les biocénoses locales ont donc plus d'influence sur la culture de la mâche qu'un biotope général commun. 

La mâche a ainsi plus de chance de s'adapter et de se trouver en présence d'une plante compagne en fonction des différentes situations d'érosion des sols sableux, limoneux, gravières ou rocheux, dans lesquels elle est susceptible de s'implanter: elle compose avec des plantes du même milieu qu'elle. 

>>> Toutes ces plantes sont bio indicatrices d'un sol riche en azote, avec un sol drainant en phase de trouver un équilibre argilo-humique, une fois la couverture du sol assurée et la biomasse carbone suffisante. Si les facteurs perturbants dégradent ces conditions, le sol s'érode ou se compacte, ce qui est le cas dans la majorité des milieux anthropiques comme les cultures de grand champ. 

Dans les milieux naturels où la mâche est spontanément abondante, elle représente au maximum 25% de la flore du biotope (seuil d'abondance-dominance entre 1-4 cad entre 10% et 25%). Elle est souvent peu abondante, avec une présence inférieure à 5% ou 10%. Une culture dominante de mâche supérieure à 25%, ou une monoculture 100%, ne sont donc pas représentatif de son comportement sauvage. Peut-on optimiser ce ratio en densifiant la culture de mâche en sélectionnant des plantes compagnes fidèles?

On remarque la prévalence de certaines familles de plantes comme les Astéracées (4/32, 12.5% + 4 variétés potentielles =x2) de type sonchus (pissenlit, salades, laiterons) et daucus (carottes), les Caryophilacées (4/32, 12,5% + 1 variété potentielle), les Poacées (4/32, 12,5% +1 variété de brôme potentiel), les Brassicacées (2/32, 6% + 2 variétés potentielles=x2), les Fabacées (2/32, 6% + 1 variété de vesce potentielle), les Scrofulariacées (2/32, 6% + 1 variété de véronique potentielle), les Papavéracées (2/32, 6%+ 1 variété de pavot potentielle), les Polygonacées (2/32, 6%) et les Convolvulacées (1/32, 3%), les Violacées (2/32 6%), les Géraniacées (1/32, 3% + 3 variétés de géraniums potentielles =x3),  d'autres Valérianacées (1/32, soit 3% + 1 variété de mâche potentielle) et les Plantaginacées (1/32, 3%). Auxquels s'ajoutent les variétés 1% de myosostis (Boraginacées), notamment dans les sols sableux siliceux et acides, d'alchémille (Rosacées), de lamiers (Lamiacées), de fumeterre (Fumariacées - dans les Papavéracées) et d'Alliacées, notamment dans le sols argilo-calcaires, en compagnonnage avec des carottes, dans les sols où le potassium K est bloqué. 

C'est dans ces familles de plantes fidèles à la mâche que l'on pourra chercher d'autres variétés comestibles à cultiver, pour élargir la biodiversité du potager ou de culture maraîchère, en fonction des conditions du sol et du climat, ou chez des plantes jouant le même rôle écologique, structurant, médicinale, mellifère ou alimentaire dans le milieu.

>>> La majorité des variétés des plantes fidèles dans le biotope sont bio indicatrices d'un sol en érosion ou proche de l'érosion. 

Plus le sol sera en érosion ou à découvert, plus les renouées rampantes, les liserons, les pâturins annuels, les géraniums et les brassicacées vont s'implanter. Plus le sol va se compacter, plus les chardons et le brôme mou vont lever leur dormance. Selon le soin apporté au sol, le milieu peut évoluer vers une destructuration totale ou s'améliorer et tendre vers l'équilibre.

l'optimum écologique de la mâche
L'optimum écologique de la mâche sauvage
Tela Botanica - Données Ph. Julve. -
classification CATMINAT 13/5


En France et en Belgique, la mâche sauvage, valerianella locusta olitoria, s'implante préférentiellement dans les clairières, les lisières et les éboulis peuplés par des annuelles pionnières nitrophiles et psychrophiles, hémi-héliophiles, boréocentroeuropéennes. Ce biotope optimal est représenté par l'ortie royale, galeopsis tetrahit, et le séneçon des bois, senecio sylvaticus. La mâche cultivée de variété locusta partage les mêmes caractéristiques.

La mâche pousse sur des sols pauvres, de préférence calcaire, à faible rétention de matière organique mais riches en nutriments, grâce à un sol riche en base et aux plantes fixatrices d'azote. Les sols limoneux sont drainants; ils ont une faible capacité de rétention d'eau et de nutriments. Les sols exposés en été ont tendance à sécher rapidement.

L'optimum écologique de la mâche olitoria
Tela Botanica - Données Ph. Julve. - 
classification CATMINAT 13/3
Ce qui est compensé par une bonne humidité atmosphérique, caractéristique des milieux sous l'influence du climat océanique, mais ne tolère pas la salinité du bord de mer. Elle préfère une pluviométrie régulière et importante toute l'année, particulièrement en hiver. Elle préfère un climat tempéré et froid, son optimum de croissance se situe autour des 15°c, comme toutes les plantes psychrophyles.

>>> L'ortie royale et le séneçon des bois sont les plantes totem de la mâche sauvage et cultivée.

Une variété de mâche cultivée en Normandie, valerianella locusta oleracea, est plus exigeante en lumière, en matière organique, en nutriments, plus tolérante au sol argileux et plus rustique. On la trouve préférentiellement dans les cultures à la végétation annuelle, sur des sols riches à moyennement riches en azote. Ce biotope optimal est caractérisé par le mouron blanc, stellaria mediae, une plante sauvage elle-aussi comestible et de même texture et douceur que la mâche.

>>> Le mouron blanc est la plante totem de la mâche olitoria.

les plantes bio-indicatrice de l'érosion du sol.
(source et données fascicule des conditions de levée de dormance 
des principales plantes bio-indicatrices de G. Ducerf).

Les plantes lèvent leur dormance dans des conditions spécifiques ce qui les rend bio-indicatrices de l'état du sol, du complexe argilo-humique et de la richesse ou des carences en matière organique, en eau, en nutriments.

Dans le biotope de la mâche:
les plantes d'équilibre, de richesse en MO et en azote: le fumeterre officinal, la véronique des champs, la gaillet gratteron, le plantain lancéolé, le mouron blanc (stellaire sp.), pâturin des prés.

les plantes d'érosion, de carence en humus et de manque de couverture du sol: la renouée des oiseaux, le liseron des champs, la véronique à feuille de lierre, la vesce hirsute, les mâches, le plantain lancéolé, le myosotis, le coquelicot, la sabline à feuille de serpolet,  le géraniums mou, le géranium nain, le passerage des champs, le myosotis changeant, l'arabette de thalius, pâturin annuel.

les plantes des sols compactés, asphyxiés, calcaire actif ou blocage de potassium: le brôme, l'ail des vignes, le chardon penché, la bourse à pasteur, le myosotis des champs

les plantes de pollution: la bourse à pasteur.
véronique des champs, veronica arvensis,
plante bio indicatrice des sols équilibrés.
Les Véroniques, de la famille des Scrofulariacées, sont des espèces proches des Valérianacées, on les retrouvent souvent ensemble. Elles sont intéressantes car, selon les variétés, elles indiquent un stade d'érosion, d'hydromorphisme ou d'équilibre dans le sol. Elles nous renseignent sur la richesse du sol en matière organique et sur son degré d'anthropisation par l'intrant d'azote. Chaque variété représente un pallier. Les véroniques ne sont pas comestibles.

les sols équilibrés:
_ la Véronique des champs est nitratophile. Elle indique un bon équilibre du sol et des terres agricoles de qualité. Elles poussent sur des sol riches en bases, en matière organique et en azote, à la vie aérobie active.
les sols riches en azote au bord de l'érosion:
_ La Véronique luisante est nitratophile; elle indique des sols riches en bases, en matière organique et en azote. Mais elle indique aussi un danger d'érosion du sol par manque de couverture lors des températures extrêmes, lors des périodes de pluies ou de sécheresse prolongées, des chocs thermiques en été ou en hiver. C'est une plante d'alerte dans les cultures, les jardins, les jachères et les vergers. La plante lève sa dormance dans ces conditions, sur des sols qui, naturellement, ont besoin d'être protégés et qui craignent les extrêmes, comme les lisières forestières et les clairières, les ourlets forestiers, les fruticées, les landes...
mouron bleu, anagalis foemia,
à ne pas confondre avec les véroniques
les sols carencés:
_ La Véronique officinale indique par exemple des sols désaturés, pauvres en humus, acides, à faible pouvoir de rétention, engorgés en matière organique archaïque et une carence en azote.
_ La Véronique cymbalaire, à fleur blanche, poussent sur des sols archaïques, carencés en azote, en matière organique animale et en humus, à très faible pouvoir de rétention mais riches en bases.
les sols pollués au nitrites:
_ La Véronique à feuille de serpolet est nitritophile. Elle indique des sols riches en bases et en eau, où la matière organique s'oxyde à cause de conditions anaérobies, de compactage et de saturation en nitrites. Les sols sont souvent marécageux voir vaseux, et pollués en nitrites, en fer et en aluminium.  On la retrouve au bord des marres et des étangs ou dans les pelouses agricoles surpâturées, travaillées aux engins lourds, et les anciennes carrières. Les plantes qui y poussent bioaccumulent ces éléments et deviennent toxiques pour la consommation du bétail comme humaine.

Il existe aussi une variété de véronique aquatique comestible, veronica beccabunga, une plante grasse qui ressemble à de la menthe ou à du cresson. C'est une excellente comestible, crue ou cuite, riche en vitamines C et en oméga 3, qui stimule les défenses immunitaires et aide à lutter contre les parasites. A l'état spontané ou sauvage, la cueillette est risquée, car la plante est souvent contaminée par des parasites aquatiques comme la douve, d'où ses propriétés naturelles pour s'en immuniser. Elle représente un potentiel intéressant dans une culture semi contrôlée, à la qualité de l'eau contrôlée ou avec une mycofiltration efficace, comme pour le cresson par exemple, son surnom est d'ailleurs "le cresson des chevaux".

les plantes compagnes médicinales

le plantain lancéolé
plantain lancéolé
plantago lanceaolata
plante compagne médicinale calmante, cicatrisante, régénérante cellulaire, protectrice et minéralisante. Elle facilite aussi la communication entre les plantes.

les plantains lancéolés indiquent le bon équilibre d'un sol, mais s'implantent aussi au bord des sols exposés aux UVs, souvent au sud. Dans les zones ensoleillées, leur rosette s'étalent sur le sol et permet aux plantules de survivre et de se soigner des brûlures et de la sécheresse. C'est une plante compagne privilégiée avec les trèfles, les graminées, les fabacées, les brassicacées, les carottes, les salades et les alliacées.

Dans les zones humides et ombragées, on trouve aussi la brunelle; qui est l'équivalent du paracétamol et qui joue un rôle médicinale proche adaptée à l'écologie humide.

J'ai fait l'expérience sur des plantes en pots, en véranda froide et en extérieur: toutes celles plantées
brunelle commune,
brunella vulgaris
avec de la brunelle ont mieux supporté le froid, le vent, le gel et l'humidité et ont gardé leurs feuilles plus longtemps. Toutes celles plantées avec du plantain lancéolé résistent mieux à la sécheresse et se régénèrent plus vite suite à un stress. J'ai aidé des plantes à s'acclimater à des conditions plus froides, plus sombres et plus humides que leur biotope d'origine, comme certaines plantes méditerranéennes, chiliennes ou tropicales (avocat, caroubier, cerisier de cayenne, citronnier, litchi, leucadendron argenteum, romarin). Le lierre terrestre a aussi des vertus fébrifuges. L'effet sur les plantes locales est encore plus spectaculaire (cognassier, pommier, poirier, prunier, cerisier, persil, navet, fraise, carottes, salades). Deux autres plantes médicinales testées sont la benoîte urbaine et la bryone, qui sont anti ecchymotiques, insectifuges et vermifuges, et régénératrices: elles soignent les arbres fruitiers types pruniers du chancre en quelques heures pour les blessures superficielles et en quelques jours pour les tissus intérieurs. Comparés aux plantes en pots ou en terre sans l'une de ces deux plantes fanent plus vite et souffrent en cas d'attaques virales ou parasitaires.


les géraniums
les géraniums sont hémostatiques et antiseptiques et insecticides.

les feuilles de géranium sont aromatiques et citronnées. Chaque variétés de géraniums a la particularité d'avoir un parfum spécifique. Certaines sont comestibles crues en salade ou utilisées comme plante médicinale pour des huiles essentielles.

les fumeterres
régulent l'appétence des rongeurs, des lapins notamment. Les fumeterres sont apéritifs, ils représentent une source alimentaire alternative pour les lapins, qui se détournent ainsi plus facilement des racines.

On trouve le fumeterre souvent avec les plantes qui attirent les lapins comme les pissenlits, les carottes, les salades, les choux, les chénopodes, les épinards...

Le fumeterre des champs indiquent un sol riche en azote et le fumeterre officinale indique un bon équilibre du sol. On le trouve souvent avec le coquelicot rouge, à 65%.

les coquelicots
plante compagne régulatrice des mammifères, effet calmant, soporiphique, psychotrophe voir toxique. régule le temps de présence des animaux dans la prairie. Le séneçon commun a un effet toxique similaire chez les mammifères.

Les coquelicots sont plutôt calcicoles. 

les plantes fixatrices d'azote
la vesce commune
vesce commune, vicia sativa, une légumineuse fixatrice d'azote pour les graminées et les légumes.
La vesce commune, vicia sativa, est une légumineuse fixatrice d'azote, de la famille des Fabacées. Elles ressemblent à des lentilles et produit des petits gousses comme des haricots. Les vesces sont des fèves sauvages, les haricots sauvages des pays tempérés. Toutes les variététs cultivées de ces familles peuvent être cultivées en associations avec la mâche: haricot, fève, pois...

Les très jeunes gousses vertes claires sont comestibles crues en petites quantités, dans les salades, comme des haricots plats, et cuites une fois la petite fève verte à l'intérieur. Elle est plantée comme plante fourragère. Toutes les vesces mûres sont toxiques car elles contiennent  des hémolysines, qui anémie les mammifères en détruisant les globules rouges.

haricots tropicaux
flying beans
C'est une plante herbacée grimpante, lianescente, grâce à des vrilles qu'elles enroulent comme point d'accroche, sans étouffer son hôte.  Cette stratégie permet simplement à la plante d'économiser de l'énergie, pour développer moins de cellulose, en bénéficiant de la rigidité des autres plantes comme tuteur. Les vesces poussent ainsi très vite et très rapidement en déléguant une partie de sa structure aux graminées et aux herbacées avec lesquelles elles vivent, en échange d'un service nutritif essentiel: la mycorhization. Elle pousse au milieu des graminées, avec lesquelles elles entretient une relation mutualiste, en accueillent les bactéries rhizobium, qui fixent l'azote sur les racines de la fabacées, dans des excroissances nodulaires. Les plantes compagnes bénéficient donc de ce réseau d'échanges de nutriments et de structuration du sol.

gesse cultivée
Les espèces proches sont les gesses et les coronilles, qui sont aussi des fixatrices d'azote. On distinguent les vesces des coronilles par la présence de vrilles chez les vesces, les coronilles n'en n'ont pas. Les très jeunes gousses de vesces, encore vertes claires, sont comestibles comme des haricots; les coronilles sont des plantes mortelles, y compris les fleurs. Chez les gesses, il existe une variété cultivée et une variété tubéreuse comestible; les autres sont toxiques, comme toutes les fabacées. Les gesses sont les ancêtres sauvages du pois.

champignon saprophyte digérant la paille de graminées
Fabacées, graminées et herbacées développent des relations symbiotiques avec des champignons arbusculaires microscopiques, qui leur permettent d'accéder à 1000 fois plus de ressources en eau et en ressources nutritives, grâce à un réseau mycélien dans le sol. D'où l'intérêt d'entretenir la biomasse carbone, qui est la base nutritive pour les champignons et un bon équilibre argilo-humique. 

Les champignons saprophytes permettent aussi de dégrader la matière organique, certaines variétés sont inféodées aux prairies et aux graminées, comme ceux que l'on a trouvé dans le biotope de la mâche.

Les plantes qui poussent dans les milieux pauvres en matière organique, dans de sols drainants comme les sols sableux ou limoneux, dépendent de ces relations symbiotiques avec des bactéries et des champignons arbusculaire microscopiques. On en retrouve même dans les sables des dunes et des déserts. D'autres, comme les brassicacées et les chénopodiacées, ont réussi à devenir indépendante.

Pour plus d'infos sur les plantes fixatrices d'azote, consultez les articles suivants:

La mycorhize arbusculaire: les champignons symbiotiques pour les les céréales, les légumes et les arbres fruitiers.




zoochorie
Les mâches se multiplient essentiellement par semis, grâce à l'eau, au vent et à l'érosion du sol, surtout s'il est en pente, et aussi grâce aux oiseaux, aux campagnols et aux lapins qui font de petits trous dans le sol propices à leur implantation. Ses graines ont d'ailleurs une petite taille et une forme adaptée pour se répandre facilement. Les graines de mâche sont excellentes à donner aux poules car très riches en oméga 3. Les chevreuils se nourrissent également des plantes du biotope, notamment des graminées en été comme en hiver et des mâches, qui sont riches en oméga 3, en provitamines A et en chlorophylle, parmi les seules plantes vivaces entre décembre et mars.

Terrier de campagnols, mousse, graminées et mâches
Pour réguler les mammifères, notamment les rongeurs comme le lièvre et le campagnol, les fumeterres fournissent une nourriture apéritive alternative aux racines et aux graminées. Les coquelicots, les laitues sauvages, le séneçon commun et la majorité des plantes à latex, sont soporifiques à faible dose et toxiques à dose élevée, voir mortelle, ce qui régule l'appétence et la durée des visites des mammifères, y compris des chevreuils. Les campagnols participent à grignoter les racines des graminées annuelles mortes et à aérer le sol avec des galeries, dans lesquelles peuvent ensuite se développer plus facilement le réseau mycélien. Les rongeurs sont aussi mycophages, en particulier le campagnol, ils mangent des champignons. Les campagnols raffolent, comme les hérissons, des escargots et des limaces. Ce qui en fait un compagnon adéquat pour les mâches aux feuilles si tendres, riches en chlorophylle.

Pour réguler les insectes, laisser les araignées sauteuses tisser leur toile. Les fleurs de liserons attirent les syrphes, un insecte compagnon. Les graines attirent les oiseaux, comme l'indiquent beaucoup de surnoms des plantes du biotope de la mâche: renouée des oiseaux, mouron des oiseaux, etc...

Les amphibiens jouent aussi le rôle de régulateur pour les gastéropodes, les limaces et les escargots. Si vous cultivez en serre, pensez à leur aménager une marre. Pour apprendre à cultiver avec les limaces en milieu humides, consultez notre article préféré des internautes: Cultiver avec les Limaces et les Escargots.

Si vous êtes au milieu des vignes ou dans un biotope méditerranéen, avec des variétés cultivées italiennes, les poules dans les rangs tuent les campagnols, mangent les insectes, y compris la cicadelle, et les limaces. Leurs fientes apportent des micro organismes et de l'urée riche en azote qui, mélangées aux graminées ou au feuilles de vignes séchées, créent un humus d'une excellente qualité. Les poules en hiver apprécient les graminées sauvages comme le dactylis pelotonné et le fromental, et les mâches leur offre d'excellente ressource nutritive riche en omega 3, en protéines, en provitamines A et en minéraux, lorsque les insectes et les vers viennent à manquer car enfuis trop profonds ds le sol.


APPLICATIONS EN PERMACULTURE
Des cultures céréalières et maraîchère pour toute l'année!
Comment régénérer le biotope de la mâche?


Rappel: Dans les milieux naturels où la mâche est spontanément abondante, elle représente au maximum 25% de la flore du biotope (seuil d'abondance-dominance entre 1-4 cad entre 10% et 25%). Elle est souvent peu abondante, avec une présence inférieure à 5% ou 10%. Une culture dominante de mâche supérieure à 25%, ou une monoculture 100%, ne sont donc pas représentatif de son comportement sauvage. Peut-on toutefois optimiser ce ratio en permaculture en densifiant la culture de mâche grâce aux plantes compagnes fidèles?

Pour optimiser la culture de la mâche, le but va être d'encourager son rôle écologique dans le milieu, qui est de couvrir le sol en hiver, en plantant la mâche comme couvresol, au milieu de graminées, de légumineuses lianescentes et de légumes racines d'hiver comme les carottes par exemple. Dans ce cas, on densifie le biotope en intégrant les plantes compagnes fidèles de la graminée cultivée, de la carotte et de la vesce par exemple. De multiples combinaisons sont possibles à l'intérieur de ces fidélités. (voir le biotope élargi). 

Sur le terrain
Le biotope de base comprend l'ensemble des plantes fidèles de la mâche. Si l'ensemble de ces plantes sont présentes dans votre terrain, c'est l'emplacement optimal pour cultiver cette plante ici.
Si une partie des ces plantes seulement est présente sur votre terrain, vous pouvez planter les espèces manquantes. Choisissez l'emplacement qui regroupe le maximum de plantes compagnes déjà présentes. Si vous voulez choisir un emplacement par rapport à un autre, choisissez l'endroit où poussent spontanément les plantes fidèles les plus importantes, dont le taux de fidélité est supérieure à 50%. Le caractère bio-indicateur des plantes est à prendre en considération.

les biotopes d'accueil potentiels:
Parmi les plantes fidèles de la mâche, il existe plusieurs biotopes potentiels aux conditiosn socio-écologiques similaires, dans lesquels on peut régénérer les associations des plantes compagnes de base de la mâche.

Vous pouvez cultiver la mâche dans l'ensemble de ces biotopes, à partir du moment où vous regrouper l'ensemble des plantes fidèles de la mâche et que les conditions écologiques le permettent. Plus vous avez de plantes compatibles, plus la mâche a de chances de bien s'implanter. Le caractère bio-indicateur des plantes est à prendre en considération.

D'autres biotopes aux conditions écologiques similaires sont susceptibles d'accueillir la mâche ou d'élargir la biodiversité de ses plantes compagnes. Une des applications de la phytosociologie en permaculture est de sélectionner prioritairement les plantes comestibles, médicinales, mellifères, régulatrices, ornementales ou fonctionnelles. Pour élargir le biotope d'une plante sauvage comestible, on plante bien sûr l'ensemble des plantes sauvages fidèles, et on les associe également avec d'autres plantes comestibles qui partagent les mêmes caractéristiques socio-écologiques, pour constituer un biotope élargi. On peut procéder de la même manière avec des variétés cultivées. Dans ce cas, la présence des plantes compagnes sauvages maximisent les interactions dans le milieu et leur qualité de vie. Le biotope élargi est très intéressant pour constituer un zoning socio-écologique.

les chances de compatibilité:
Le biotope de base de la mâche comprend l'ensemble des plantes fidèles de la mâche. Si elles sont déjà présentes sur votre terrain, vous avez 100% de chance de pouvoir cultiver la mâche sur votre terrain. Dans les autres cas, voici la liste des biotopes d'accueil potentiels, classé selon leur affinité avec la mâche. Plus la compatibilité est forte, meilleures sont les chances de s'implanter pour la mâche.

de 75% à 100% de compatibilité: biotope de la mâche sauvage.
50% à 75% de compatibilité: -
30% à 50% de compatibilité: biotope de la véronique des champs, biotope de la vesce commune, biotope du plantain lancéolé, biotope de la sabline à feuille de serpolet.
20% à 30% de compatibilité: biotope du pâturin des prés, biotope du mourron blanc, biotope du séneçon commun, biotope du coquelicot rouge, biotope du bec de grue, biotope du gaillet gratteron, biotope de la véronique à feuille de lierre, biotope de la pensée sauvage, biotope du myosotis des collines, drave de printemps, carotte sauvage, liseron des champs, brôme mou, alchémille des champs, céraiste aggloméré, lamier pourpre, laiteron épineux, renouée des oiseaux, fumeterre officinale, pissenlit, vesce hirsute, pâturin annuel, céraiste commun, bourse à pasteur, pensée des champs, pâturin commun
>10% mollène faux phlomis.

Certaines de ces variétés sont très ubiquistes, comme le plantain lancéolé et le pissenlit, c'est-à-dire qu'elles s'adaptent facilement à de nombreuses conditions de vie; ces plantes sont largement répandues en France. A contrario, le mouron blanc se retrouve dans des conditions plus spécifiques; il est donc un meilleur bio-indicateur de certaines conditions pour cultiver la mâche.

le biotope élargi
(en cours)
Le biotope de la mâche est élargi à une sélection de plantes compagnes des plantes fidèles à la mâche et aux plantes comestibles écologiquement similaires ou équivalent à un biotope secondaire:
Mâche, véronique des champs, plantain lancéolé, vesce commune, mouron blanc, sabline à feuilles de serpolet, pâturins, brôme mou, coquelicot rouge, carotte, laiteron rude, géranium bec de grue, pensée sauvage, myosotis, liseron des champs, bourse à pasteur, ail des vignes, céraiste aggloméré, gaillet gratteron, séneçon commun, fumeterre officinale, alchémille, moutarde blanche, vigne.

Le biotope élargi est très intéressant pour constituer un zoning socio-écologique. Le regoupement de plusieurs plantes socio-écologiquement compatibles maximise leurs interactions dans le milieu et leur qualité de vie. Elles créent aussi un effet attracteur pour les pollinisateurs qui peuvent ainsi passer de fleur en fleur parmi les variétés qu'ils affectionnent plus rapidement en économisant de l'énergie, plutôt que de traverser votre jardin. Vous maximisez ainsi vos chances de fructification, ce qui compte énormément pour les espèces à la floraison de courte durée ou lors de conditions climatiques parfois aléatoires, notamment dans les régions pluvieuses, venteuses ou gélives.

Par exemple, le zoning A rassemblerait les plantations de la mâche, du mouron blanc, du pois, des choux, de la moutarde, de la roquette, des navets, des radis, du brocoli, de la bourse à pasteur, du fumeterre, du coquelicot, de la pensée, de l'alchémille, du laiteron, du pissenlit, de la chicorée, de la carotte, de l'ail, des poireaux, des fraises, des laitues, du persil, des ipomées, du cresson (près d'une zone d'eau), et même de la vigne, de l'artichaut ou de la patate douce (dans les zones rocheuses chaudes - que l'on peut recréer avec des pierres par exemple). Et des céréales.

Cette sélection est une suggestion. Vous pouvez réaliser vos propres associations, en sélectionnant prioritairement les plantes écologiquement similaires communes entre celles de la mâche et de votre terrain, pour coller au plus près à vos conditions de sol par exemple, de vote climat, de votre latitude et de votre altitude. Dans ce cas, vous formez un compagnonnage local. Il est inutile d'élargir trop vos associations. Il est préférable de multiplier les compagnonnages avec des espèces les plus fidèles possibles. Vous pouvez les regrouper dans la même zone de compatibilité, ce qui aura un effet potentialisant.




ARBRES:
ARBUSTES:
LIANES ET GRIMPANTES: 
HERBACEES:
GRAMINNES:
COUVRESOL:
NFP:

les associations de plantes:
>>> les plantes couvresol, fixatrice de sol, productrice de carbone, fixatrice d'azote, libératrice de potassium et décompactante sont les bienvenues.

Le compagnonnage avec la mâche, valerianella locusta, peut inclure des graminées qui vont décompacter le sol, fournir de la biomasse carbone et attirer les oiseaux et les pollinisateurs, puis les champignons saprophytes.

Sur lesquelles vont pouvoir pousser des légumineuses grimpantes comme les haricots, les pois, les fèves, les gesses tubéreuses comestibles, les convolvulacées, comme les liserons, les ipomées, les patates douces.

Ou cultiver ponctuellement du sarrasin de la famille des polygonacées, mais qui aurait un pouvoir inhibant sur les graminées.

On peut associer les brassicacées comme des choux, des brocolis, de la moutarde, de la mizuna, des légumes feuilles ou racines de la famille des astéracées comme les carottes, le persil, les pissenlits, la laitue, la chicorée, les endives, le laiteron, les navets, les radis, scorsonères, salsifis, le topinambour et même l'artichaut, les caryophyllacées comme la stellaire, le silène enflée, le pourpier et les oeillets, les papavacées comme les pavots, les coquelicots, le fumeterre, les alliacées comme les poireaux, les oignon, l'ail, la ciboulette. 

Dans les salades d'hiver comestibles qui s'adaptent potentiellement au même milieu, on trouve: le cresson, la mâche, la claytone de Cuba, le pourpier maraîcher, le mouron des oiseaux, la salade mizuna, la chicorée, le pissenlit, le laiteron, les feuilles de betteraves, les épinards. Il existe une multitude de légumes d'hiver comme la moutarde, l'oseille, les asperges, le wasabi, les oignons, les poireaux, le fenouil, la betterave, les épinards, les choux, le plantain, le poivre d'eau (une renouée) et énormément de légumes racines. 

Le mouron blanc, la claytone de Cuba, le pourpier maraîcher et la mizuna se plairont très bien en compagnie des mâches et fournissent toutes des salades d'hiver d'excellente qualité. Toutes les plantes sauvages de la famille des pissenlits, des sonchus et des laiterons fournissent des rosettes comestibles dont les feuilles peuvent servir à composer des mescluns sauvages variés, à associer avec des feuilles de betterave par exemple. 

Pensez à intercaler des plantains lancéolés, des pensées, des brunelles, des valérianes, des mourrons blancs, des géraniums, des myosotis, des coquelicots, des liserons et du fumeterre officinale.

L'axe de la Loire et des climats océaniques semblent tout à fait propice. Les cultures méditerranéennes, climat auquel certaines variétés de mâches sont adaptées, on trouve même une variété d'Italie, bénéficie d'hiver doux et donc d'une bonne productivité, mais elles demandent une attention particulière lors des réchauffements précoces au printemps ou les belles journées d'hiver, qui font vite monter les mâches en graines.

On peut même cultiver ces cultures dans les climats froids, humides et neigeux, jusqu'en altitude.+infos sur les légumes d'hiver.

la biomasse
Pour les sols humides, modérez l'ajout de paillis et de brf brut. Pour être efficace, ceux-ci doivent être préalablement inoculés de mycélium de champignons saprophytes ou prédigérés par les gastéropodes (limaces, escargots), pour permettre à la faune du sol d'assimiler cette matière organique. Le mycélium permettra en plus de fixer les sols sableux ou pentus.

En l'absence de vie microbienne et surtout fongique, l'ajout régulier de BRF sur des sols humides et compactés conduit à une aggravation des conditions du sol par excès de matière organique carbonée.

Pour les sols drainants, le paillis végétal est une excellente initiative. Mais un excès de paillage à tendance à étouffer la végétation et à attirer les biocomposteurs comme les limaces et les escargots. En l'absence de vie microbienne saine ou de champignons saprophytes, les moisissures pathogènes peuvent envahir le substrat en décomposition et contaminer les cultures.

L'épandage de lisiers et de fumiers est une catastrophe et pollue les nappes phréatiques. Tout amendement doit être préalablement composté.

Pour l'azote, préférez un compagnonnage de plantes mycorhiziennes et évitez les intrants chimiques notamment liquide.

Plus les plantes rudérales lèvent leur dormance, plus le sol est sec, compacté ou déstructuré, voir pollués.

Plus les plantes forestières lèvent leur dormance, plus la présence de matière organique carbonée et d'humus est bonne. Mais l'argile peut se lessiver, ou se compacter, ce qui peut donner des semelles de labour dans les lieux cultivés, notamment avec le travail d'engins lourds sur des zones humides ou de pâturage par le bétail.

Si c'est déjà le cas, les graminées et les chardons (cardon, artichauts dans le espèces comestibles) peuvent décompacter les 50 cm du sol et jusqu'à 1 ou 2 mètres la deuxième année. + info sur le biotope du chardon

l'importance des graminées
Les graminées vont permettre de drainer et d'éclater les sols compactés. Leur paille va surtout fournir un couvert protecteur contre le gel, la sécheresse et l'érosion, et une masse carbone essentielle à la régénération de l'humus du sol. On peut utiliser la mâche comme couvresol avec les céréales + les carottes, les navets, les salades, les endives, le persil (et d'autres astéréacées), les choux, les brocolis, les navets, les radis (ou d'autres brassicacées) dans les sols pauvres ou acides, en plus de quelques céréales et même des asperges.

La mâche peut être directement plantée avec les semis de céréales et d'un fixateur d'azote grimpant comme la luzerne, des vesces, des fèves, des haricots ou des pois par exemple, et servir de plante de couvre sol en hiver. Le trèfle blanc rampant peut concurrencer la mâche? à expérimenter. La présence de fixateur d'azote et de graminées permettra de créer un réseau symbiotique bactérien et mycorhizien qui boostera l'ensemble des cultures associées tout au long de l'année, notamment entre 1° et 20°.

Adapter votre choix en fonction de votre milieu et de la culture dominante que vous voulez cultiver.

fruits(drupes)
d'eleagnus ebbingei
une haie d'arbustes et d'arbres rustiques
Malgré que la mâche soit essentiellement champêtre, elle jouxte des haies bocagères et des clairières forestières. On peut donc introduire des bordures d'arbustes, ou les intégrer des arbustes fixateurs d'azote ou à mycorhizes arbusculaires qui favorisent la faune microbiotique du substrat. Les arbres fruitiers rustiques qui partagent les mêmes caractéristiques de sols et de climats peuvent accompagner ces haies.

On trouve des variétés d'arbres fruitiers à récolte automnale ou printanière, comme le kaki, le cormier, le néflier, le raisinier (hovenia dulcis), le cornouiller, le noisetier, et le houx (toxique). Un arbuste proprement psychrophile est le goumi, le chalef argenté et l'eleagnus, le chèvrefeuille comestible (bai de mai, leonicera kramshatika), la carmine (myrtille arctique), le physalis. L'eleagnus ebbingei fleurit en hiver et produit des fruits comestibles en mars. Dans les lianes, on trouve le lierre grimpant (toxique), les kiwaïs, les kakis et le cynorhodon, les mûres et les framboises arctiques. Les agrumes sont des fruits d'hiver mais ils ne résistent pas au gel pour la grande majorité, à l'exception du citron sauvage, le poncirus trifoliata, qui résiste jusqu'à -17°, le bigaradier, l'orange amère et le yuzu qui résistent jsuqu'à -10~-12°C. +info sur les fruits rustiques.